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Une géographie sensorielle

Des odeurs, des matières, des lieux. Une autre façon de se souvenir.

Ce livre, en le refermant, se souvient peut-être moins de dates que d’odeurs et de sensations. En voici quelques-unes, disséminées au fil des pages, et qu’on peut relire ici comme une carte à part.
Le diesel et le sucre brûlé de La Havane, à la toute première ligne de ce livre. L’odeur d’un monde encore insouciant, avant que tout ne bascule.
Le froid du carrelage de la salle de bain, cette nuit de janvier 2013, contre la joue, contre le corps plié en deux. Une fraîcheur qui, sur le moment, est le seul répit possible.
L’odeur d’hôpital, blanche et un peu métallique, qui deviendra une seconde maison. Celle de l’hôpital Huriez, des salles d’attente, des blouses, des produits qu’on respire sans les nommer.
Le sel et le vent du Touquet, la morsure du froid nordique sur la peau, si différente de la chaleur méditerranéenne. Deux façons pour l’air de toucher le corps.
Les herbes de Provence et les tomates du marché du dimanche, à Saint-Cyr-sur-Mer. Un parfum qui, à lui seul, résume tout un art de vivre retrouvé.
Le froid mordant du 22 janvier 2026, à la terrasse d’un restaurant à Sanary, où l’on grelotte sans vouloir rentrer, parce que la conversation, elle, réchauffe.
Le corps se souvient parfois mieux que la mémoire elle-même. Par la peau, par le nez, avant même que les mots ne suivent.